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Résolution politique adoptée par le CN des 4-5 avril 2015

Les départementales ont vu une victoire incontestable de la droite. Le FN a élargi et poursuivi son enracinement dans le pays. Le PS subit, après les Municipales, les Européennes et les Sénatoriales, une 4ème défaite d’affilée. Plus que jamais les forces qui appuient le gouvernement sont minoritaires dans le pays.

Cette situation entre en résonnance avec une progression partout en Europe des courants d’extrême droite qui profitent à plein du rejet par les peuples des politiques austéritaires qui détruisent nos sociétés.

L’abstention reste l’élément politique premier de la période. Surtout si l’on y ajoute le nombre particulièrement important de bulletins blancs ou nuls : 1,6 millions au second tour soit plus de 8% des votants. Il y a là la confirmation d’un rejet du système inédit. Plus que jamais, il justifie notre bataille en faveur de la 6ème République et de la proportionnelle.

La politique du gouvernement est cause principale de ce résultat même si, à force d’avoir recyclé une partie du programme du FN et d’avoir ainsi contribué à le banaliser, la droite a permis également la progression de l’extrême-droite.

Lors de ces élections, et plus encore depuis, le système politico-médiatique a en effet voulu imposer le tripartisme. L’ensemble de forces se réclament de la gauche serait sommé de s’aligner derrière le PS au nom du vote utile afin d’arriver au 2ème tour des élections, avec les Présidentielles en ligne de mire. Il s’agit d’une manipulation politicienne puisque le PS sait bien qu’il est impossible d’unir ces forces derrière la, politique de son gouvernement qui applique une politique de droite.

Même en chiffre le tripartisme est fictif. C’est avant tout l’exécutif et le PS qui subissent une défaite historique. « Notre » Gauche, elle, a résisté.

Grâce à un tripatouillage du ministère de l’intérieur, le résultat de l’autre gauche a en effet été minoré au 1er tour. En réalité là où au moins un candidat FDG se présentait, dont dans 25 % des cas, en alliance avec au moins EELV, l’autre gauche atteint 9,4 % des voix et mieux encore plus de 11 % sur les cantons où l’opposition de gauche avait des candidats. C’est une confirmation de la disponibilité intacte d’un électorat de cet ordre, au démarrage, pour un candidat capable d’unifier l’autre gauche au 1er tour de la Présidentielle. Le second tour a confirmé cette tendance. En effet, on enregistre des victoires dans les ¾ des circonscriptions où des candidats du FDG étaient engagés. Le PS lui en perd la moitié.

Par ailleurs en Ile de France, les deux départements qui ont échappé à la droite ont vu le FDG en autonomie partout au 1er tour : le Val de Marne remporté par le FDG, à l’encontre des annonces de défaite, et la Seine-St-Denis. A l’inverse, l’Essonne où le FDG n’a pas pu s’entendre sur cette stratégie (le PCF a choisi l’alliance avec le PS et EELV au 1er tour) est largement remporté par la droite. Voilà une réponse concrète aux dirigeants du PS qui nous intiment l’ordre de nous ranger derrière leur bannière au 1er tour des élections pour des questions d’efficacité.

Nous nous sommes aussi affirmés comme un rempart très efficace à gauche contre le FN : là où nos candidats étaient en autonomie dès le 1er tour, ils remportent 32 duels contre lui pour 1 seul de perdu !

Beaucoup de ces duels ont eu lieu dans des départements ou tout au moins dans des cantons populaires. Nos candidats constituent ici le barrage le plus efficace contre le FN.

A noter enfin que nos candidat-e-s, qu’ils soient en rassemblement avec EELV comme à Grenoble (dans deux cas sur quatre) où seulement FDG, gagnent sept duels sur 13 face au PS. C’est là aussi un fait nouveau pour « notre gauche » : comme lors des Municipales à Grenoble, dès lors que nos listes sont en capacité de l’emporter au 2ème tour face au PS, elles voient arriver un grand nombre d’électeurs qui concrétisent voir amplifient la victoire.

En vue des Régionales :

Dans un contexte globalement mauvais, il y a des raisons d’espérer pour la suite et des éléments pour rebâtir.

Dans sa déclaration pour les départementales adoptée en décembre, le FDG avait proposé une stratégie nationale d’autonomie au 1er tour. Celle-ci s’est quasiment partout appliquée. C’est la première raison de ce rebond. Il avait ensuite souhaité l’élargissement du rassemblement. Là encore le grand nombre de cantons qui nous ont vu avec EELV, nouvelle Donne etc… a démontré son potentiel.

Sur les 448 cantons qui ont vu de tels rassemblements, il enregistre un résultat moyen de 13, 6%. Un résultat d’autant plus intéressant qu’obtenu sans aucune visibilité ni identifiant national. Cela a évidemment affaibli son impact dans une élection où les critères nationaux ont pris le pas sur tout autre. Pour preuve, ce résultat augmente dès lors qu’il y a eu une cohérence de liste sur tout un département – 17,67 % en Ariège, 16,72 % en Lozère, 16 % en Haute-Vienne par exemple – et plus encore sur une ville : 19,25 % à Lille, 19,6 % à Poitiers, 16,2 % à Tours, 15,83 % à Toulouse, 30 % à Grenoble. Cela confirme l’efficacité encore plus grande de cette association politique dans les centres urbains.

Mais tout cela restera vain si nous ne sommes pas capables d’aller plus loin.

Il faut désormais s’atteler à deux chantiers indispensables à tout rassemblement à l’avenir.

Le premier est celui d’une démarche citoyenne. Tous ces rassemblements doivent reposer sur de véritables assemblées citoyennes et de nouvelles pratiques militantes. C’est une méthode pour ramener à la politique une partie au moins de ceux qui la fuient. Ce qui a été tenté en ce sens dans ces élections a apporté un véritable plus en terme de résultat et de construction pour la suite. Et ce quelles qu’en aient été les modalités opérantes. Les militants du PG y porteront notamment la question de l’exemplarité et du non-cumul des mandats et y mettront en débat la révocabilité des élus.

Les démarches dites citoyennes ont fonctionné d’une manière nouvelle. Nos nouvelles expériences de terrain élargissent le champ de notre pratique. Le fait nouveau est que la démarche citoyenne peut-être aussi tout simplement le seul moyen de construire une force politique alternative là où les partis de l’autre gauche sont faibles. C’est ce que nous avons pu vérifier dans le Jura. Dans ce département pourtant difficile pour la gauche, où la présence des organisations politiques est faible, la moyenne sur les circonscriptions concernées par notre « offre citoyenne » est de 15,9 %. Mais le bonus est aussi évident partout où des démarches de type « majorité citoyenne », se sont appuyées sur des assemblées citoyennes souveraines. A Toulouse, Alternative Citoyenne obtient 15,87 de moyenne (malgré des listes concurrentes du PCF), et dans l’Aveyron 15,22 % sur 19 cantons. La méthode appliquée lorsqu’il s’agit d’un sortant permet aussi une consolidation remarquée. Ainsi à Rodez-Onet qui a vu notre CG sortant, M. Jean-Louis Roussel, au 2ème tour avec 23,86 % ou à Millau-1 avec un binôme de même type. De même, là où le FDG s’est engagé dans un tel processus depuis longtemps les résultats sont là. A l’exemple de la Creuse (point de départ de « Limousin Terre de Gauche ») avec une moyenne de 14,94 % dont une pointe à 28,8 % ou des Alpes-de-Haute-Provence où dans quatre circonscriptions les résultats culminent à 22, 28, 25, 26 % ! Cela a de nouveau fonctionné parfaitement à Grenoble, où l’articulation entre unité des partis et démarche citoyenne, exemplaire aux Municipales, a permis d’être au 2ème tour dans 3 des 4 cantons de la ville pour au final en remporter deux. Dans la Drôme, le même type de démarche a permis, par une alliance du FDG dans son ensemble et d’EELV, de qualifier ses binômes au 2ème tour à Dieulefit et dans le pays Diois. C’est un processus comparable qui explique les succès de Poitiers ou Lille où pourtant le rassemblement FDG / EELV n’était pas écrit à l’avance ou encore à Clichy-la-Garenne avec plus de 15% des voix. Au total, nous devons considérer que nous sommes en train de mettre au point une méthode nouvelle qui donne un contenu concret à l’idée de révolution citoyenne comme processus d’implication populaire.

Le second est sa lisibilité nationale que nous souhaitions dès les départementales. Dans une élection nationale nous en avons évidemment pâti.

C’est dans cet esprit que nous devons maintenant aborder les Régionales. Ce sont sur ces propositions de stratégie et de méthode que nous devons discuter avec toutes les forces qui ont été nos partenaires aux Départementales. Mais sans attendre, nous décidons d’animer des initiatives et appels citoyens localement. Nous devrons évidemment également vérifier la faisabilité d’un accord programmatique.

Nos tâches et calendriers pour les Régionales :

  • Dès ce mois d’avril, les comités, les coordinations départementales et régionales, contribuent à amplifier ou à initier localement des démarches d’implication citoyennes. Pour ce faire, un groupe de travail issu du pôle développement du parti et du pôle agit prop mettra à disposition des militants des propositions de formations pratiques, des mutualisations de démarche et d’expérience notamment initiées pendant les départementales.
  • Le PG lance localement des initiatives et appels citoyens en faveur de listes communes citoyennes aux régionales, indépendantes du PS.
  • Le PG poursuit nationalement et localement des discussions avec toutes les forces qui pourraient s’inscrire dans cette démarche autonome et citoyenne.
  • Avant la fin du printemps, le PG organise la consultation de ses militants par département et région pour désigner des chefs de file PG en binôme paritaire dans les départements et les régions. Ces chefs de file ont vocation à être mis à disposition des démarches citoyennes et des nouvelles alliances populaires. Les modalités et le calendrier seront élaborés par les coordinations régionales. Les candidatures définitives seront l’aboutissement du processus de co-construction des campagnes et du programme.
  • Un CN sera organisé fin mai sur les Régionales. Il permettra d’adopter notre programme et faire le point sur les démarches en cours. En fonction de ce premier bilan, le CN décidera des démarches qu’il conviendra de poursuivre en vue d’un rassemblement citoyen pour les régionales.

Mobilisation contre la Loi Macron

Dans l’immédiat, l’urgence est d’organiser la résistance contre la loi Macron qui n’a pas obtenu de majorité lors de son premier passage à l’assemblée nationale et a dû recourir au coup de force du 49-3. Le gouvernement Valls est affaibli par les départementales. Il faut donc en profiter pour imposer un rapport de force social et politique avant le vote final. C’est pourquoi le PG appelle à se mobiliser massivement le 9 avril derrière les syndicats lors de la première journée de grève interprofessionnelle depuis l’arrivée de François Hollande.